Histoire du son

La technologie de pointe au service des plus petits



Mala scena est le seul théâtre en Croatie a produire des pièces pour le plus jeune public, celui de 1.5 a 5 ans, depuis plus de dix ans. Dans cette série figurent deja les pièces Histoire du nuage, Histoire de la roue, Histoire de la lumière et Histoire de leau. Depuis février 2014. elles ont été rejointes par Histoire du son.

‘Histoire du son’ est également le plus grand défi dans la série des ‘Histoire de…’, car – a la différence des histoires précédentes – elle traite d’un sujet qui n’a pas d’apparence matérielle visible ni universellement reconnaissable.

C’est la raison pour la quelle le théâtre Mala scena a confié la réalisation de ce projet au collectif SKROZ, constitué par le musicien et concepteur sonore franco-croate Vedran Peternel et la metteur en scène croate Nora Krstulović.

En effet, SKROZ traite le son comme un moyen d’expression indépendant, qu’il s’agisse de projets basés sur la technologie de pointe comme la performance multi-media @BetaSkroz, d’attractions scéniques musicales comme Forrest, timber, hardly, quite ou de pièces pour enfants ultra minimalistes comme La poule aux oeufs dor et La Belette entrée dans un grenier.

La réalisation de ‘Histoire du son’ a été précédée par plusieurs mois de recherches impliquant de nombreux spécialistes de disciplines diverses, afin de questionner, mais aussi repousser les limites de la perception sonore, de sa connexion avec les autres sens, ainsi qu’avec le développement cognitif et émotionnel des plus petits.

Il en résulte la première application au théâtre des Objets musicaux modulaires, développés par les équipes de l’IRCAM (Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique). La connexion de cette technologie de pointe avec l’héritage de Petar Guberina, fondateur de SUVAG (Système Universel Verbo-tonal d’Audition Guberina) centre mondial pour le développement et la formation au système verbo-tonal, a pu être réalisée grâce au soutien de l’Institut Francais de Zagreb.

L’objectif des auteurs étant que cette pièce, minimaliste mais expressive, puisse communiquer aussi bien avec les enfants n’ayant aucun problème d’audition ou de vision, qu’avec ceux souffrant de troubles auditifs ou visuels.

Le son est la première expérience du monde extérieur que les enfants perçoivent encore dans le ventre de leur mère, de même que le son des pleurs du nouveau né est le premier signe de son arrivée au monde. A peine nés, les enfants reconnaissent et se calment au son de la voie de leur mère. A trois mois, les sons familiers (les pas, l’eau dans la baignoire, etc) provoquent une évidente excitation. A la même période, les enfants commencent a reconnaître et percevoir les sources sonores et leur provenance, la spatialisation, alors que la perception visuelle de ce même espace ne se réalise que bien plus tard.

Mais malgré tout cela, l’éducation contemporaine n’accorde a la perception sonore, ainsi qu’a l’art d’écouter, très peu d’attention, sauf quand il s’agit de la musique ou bien – des histoires.

Le son, cependant, est beaucoup plus que cela.

Les associations provoquées par les sons (dans le sens le plus large du mot, incluant leur suite harmoniquement organisée – la musique) sont beaucoup plus diversifiées que cela n’est le cas avec n’importe quelle représentation par l’image, par les mots et/ou par le mouvement. Les sons peuvent ‘raconter’ indépendamment du langage ou du territoire géographique, avec des images incomparablement plus vivantes et spectaculaires de celles produites par les mots ou par l’image (de la télévision).

C’est précisément ce qu’essaye de prouver ‘Histoire du son’, utilisant des sons divers – ceux connus des enfants, tels que les sons concrets (nature, maison, ville), en passant par des mélodies et des rythmes, jusqu’au sons abstraits, crées artificiellement.

Les auteurs espèrent que ‘Histoire du son’ sera une des premières leçons de l’habileté qui nous est a tous nécessaire – celle d’écouter. Le monde qui nous entoure, les autres et les différents, mais aussi nous même.

La pièce a pu être réalisée grâce au soutien du Ministère de la culture, de l’éducation et du sport croate, de la ville de Zagreb et de l’Institut français a Zagreb.